Avril 1928, douze peintres alsaciens construisent un chalet dans les Vosges. 97 ans plus tard, cette histoire finance Copryce®. Voici comment quatre générations de pionniers ont construit pour durer.

Pionniers

De Bachmatten à Copryce®

1928, investir dans ce qui n'existe pas encore

22 février 1928. Strasbourg. Douze peintres signent les statuts de la « Section touristique du Cercle des Amateurs d’Art ». Parmi eux : Charles Caspar, mon arrière-grand-père, 42 ans, peintre aquarelliste. Leur projet : acheter une baraque démontable à Muhlbach (Haut-Rhin), la transporter dans les Vosges et la reconstruire à Bachmatten pour en faire un refuge où peindre le week-end.

L’investissement : 1000 francs par membre. Pour ces employés des chemins de fer, de l’administration ou de l’enseignement, c’est l’équivalent de plusieurs mois de salaire. Une somme considérable pour un projet qui n’existe pas encore.

Le 12 mars, ils démontent la baraque. Le 31 mars, livraison des planches et des lattes. Du 6 au 14 avril 1928, ils construisent avec l’entreprise Aloyse Frei, maître-charpentier de Lutzelhouse. Sur les photos d’archive, on voit les peintres donner « de sérieux coups de main » : creuser les fondations, tailler les pierres trouvées sur place, assembler les murs. Coût total : 6348 francs. Le premier chalet est debout.

1928, avant les ateliers collectifs européens

Dix ans après la fin de la Première Guerre mondiale, les douze peintres portent les traumatismes de cette guerre. Charles Caspar a perdu son bras gauche au combat. Leur choix de construire un refuge en montagne n’est pas anecdotique : c’est une réponse à la violence vécue, un besoin de construire collectivement pour créer en pleine nature.

Et voici ce qui rend cette histoire remarquable : ils ont compris la force du collectif et ils anticipent les mouvements artistiques d’après la Seconde Guerre mondiale. Avant les ateliers collectifs des artistes européens, avant les communautés des années 1960. Pas de confort moderne, pas d’eau courante, pas d’électricité jusqu’en 1954, lampes à pétrole, toilettes extérieures. Mais un accès direct aux paysages vosgiens et du temps pour peindre. C'est ça, être pionnier : construire avant que le monde ne valide l'idée.

Neuf ans plus tard, le premier chalet devient trop petit. En 1937, construction d’un second chalet. Plus grand, plus solide. Coût : 18000 francs. Les mêmes membres fondateurs investissent à nouveau. Le modèle fonctionne, on construit pour grandir.

1928-2026, quatre générations au chevalet

Charles Caspar (1886-1957) construit les lieux, en devient secrétaire de 1947 à 1957. Peint pendant 40 ans avec son bras droit après avoir perdu le gauche à la guerre de 14-18.

Charles-Marie Caspar (1915-1990), son fils, y peint toute sa vie. Combat dans l’armée française pendant la Seconde Guerre mondiale alors que son père combattait dans l’armée allemande lors de la Première. Même terrain de création malgré l’Histoire qui les oppose.

Daniel Charles Caspar (1944-), enseignant en arts plastiques et histoire de l’art, peintre lui-même, y peint et maintient les lieux. À 72 ans, il écrit un livre documentant l’histoire complète : Le Cercle des Amateurs d'Art de Bachmatten – Une école alsacienne du paysage, un héritage.

François Caspar (1967-), j'y passe mes étés d’enfant, j’y vois mon grand-père devant son chevalet sifflotant la musique du film Le Pont de la rivière Kwaï, et mon père qui transforme des paysages bucoliques en abstraction lyrique.

Le premier chalet, aquarelle de Charles Caspar. 1935.

2008, dix-sept ans d'avance

Je lance le Calkulator en 2008 sans savoir que je porte cet héritage. Le problème à résoudre : comment les designers peuvent-ils tarifer leur travail de manière juste quand ils vendent un processus créatif qui n’existe pas encore ? Pas d’objet tangible à montrer avant de commencer, pas de prix de marché établi, les designers sous-estiment souvent leur valeur, les clients contestent les devis. Il faut une méthode.

Le Calkulator devient un outil pionnier de tarification du design. 17 ans plus tard, en 2026 : plus de 11000 designers utilisateurs, essentiellement en France et dans les pays francophones (Belgique, Luxembourg, Suisse). Méthode éprouvée.

17 ans à démontrer la valeur de la méthode. Aujourd’hui, en 2026, le marché rattrape notre vision : les designers parlent enfin de valorisation, les clients cherchent la transparence. Nous avons l’expérience que les nouveaux entrants n’ont pas. Même schéma que Bachmatten : construire avant le marché, éduquer, prouver.

Un événement majeur en 2020 : la crise du COVID-19. Confinements, arrêt brutal de l’économie. Une majorité de designers indépendants et d’agences voient leurs revenus s’effondrer. La crise révèle une fragilité : beaucoup ont du mal à défendre la valeur de leur travail. Le besoin de méthodologie devient évident.

Les suites de la crise accélèrent la maturité du marché. Post-COVID, les réseaux professionnels européens se restructurent, les designers cherchent des outils en ligne pour professionnaliser leurs pratiques, les clients demandent plus de transparence sur les devis. C’est dans ce contexte que Copryce® naît : non pas comme pionnier — c’était le rôle du Calkulator — mais avec un avantage concurrentiel décisif. Quand le marché devient mature, nous avons déjà 17 ans d’expérience.

2025, Bachmatten finance Copryce®

2025, vente des chalets. La décision de vendre n’est pas corrélée à l’existence de Copryce®. À 81 ans, mon père voit en ma startup un prolongement de Bachmatten : servir la création. Il y investit cet argent, c’est le premier investissement en date et le plus symbolique. 97 ans entre la construction et la vente. Deux guerres mondiales traversées. Quatre changements de frontières (Alsace allemande, française, allemande, française). Les lieux ont tenu entre les trous d’obus. Preuve tangible de durabilité.

Charles construisait des fondations avec des pierres trouvées sur place, je construis les briques d’une plateforme numérique. Charles assemblait des planches avec l’entreprise Aloyse Frei et ses 11 amis peintres, j’assemble des modules avec mes associés Alain Frei (un homonyme qui traverse les époques), Axel Crété et Brigitte Borja de Mozota. Charles investissait 1000 francs en 1928, mon père investit l’argent de Bachmatten en 2025.

L'investissement de mon père dans Copryce pourrait être vécu comme une pression : la peur d'échouer. Pour moi, c'est le contraire, sa confiance renforce la mienne. Construire une startup est un risque accepté. Cela demande de faire face aux difficultés, rien n'est acquis. Sa conviction renforce ma solidité. Ce n'est pas un jouet qu'on m'offre, je suis entrepreneur depuis 35 ans. Cet investissement n'est pas sentimental, il est rationnel : mon père voit le timing et le potentiel. Zoé Caspar, designer numérique, fait partie de l'équipe. Cinq générations portent maintenant cette approche. Mais Copryce n'est pas une affaire de famille, c'est une startup qui doit réussir par sa méthodologie et son produit.

Je cherche maintenant des partenaires. Même logique : communauté de métiers, construction collective, investissement partagé, vision de long terme. La différence : le Cercle des amateurs d’art de Bachmatten construisait un refuge physique pour 12 peintres le week-end, nous construisons une plateforme numérique pour des milliers de designers en Europe. Mais l’échelle ne change pas le principe : on construit quelque chose qui doit tenir, servir et durer.

2026 : Copryce® arrive au bon moment

Copryce®, c’est l’évolution du Calkulator en plateforme SaaS, bientôt en application mobile augmentée par l’IA. La méthodologie affinée : co-construction entre designers et clients. Notre mission : rendre visible la valeur intangible du design. Le timing est le bon. On construit depuis 17 ans, les designers parlent de valorisation, les clients cherchent des outils de transparence. Alliance France Design (dont je suis président-fondateur) structure la profession. L’EUIPO (Office européen de propriété intellectuelle) s’intéresse aux méthodologies de valorisation du design.

Brigitte Borja de Mozota devient cofondatrice. Elle aussi pionnière : chercheuse en design management, auteure de l’ouvrage de référence Design Management, elle théorise depuis des décennies le ROI du design. Là où j'ai construit l’outil pratique, Brigitte a construit la recherche académique. Deux approches complémentaires qui se rejoignent dans Copryce. La méthodologie est affinée : co-construction transparente entre designers et clients. Notre mission : Design Priced Right.

Copryce naît européen et multilingue. Les designers français, belges, luxembourgeois, suisses, espagnols, italiens, allemands, polonais — notamment — cherchent les mêmes solutions. Nous construisons une plateforme pensée pour l’Europe dès l’origine. Le Calkulator était pionnier en France, Copryce arrive avec l’avantage concurrentiel d’une méthodologie éprouvée pendant 17 ans, au moment où le marché européen la demande.

Ce qu'on ne peut pas copier : toutes les startups promettent l'innovation, Copryce promet en plus la durabilité. 17 ans d’expérience méthodologique que les nouveaux entrants mettront 17 ans à acquérir. Un réseau d’experts internationaux construit sur la durée. Une capacité démontrée à anticiper le marché et à tenir jusqu’à ce qu’il rattrape la vision.

Nous cherchons des partenaires pour accélérer le déploiement de Copryce : renforcement de l’infrastructure SaaS, développement de l’application mobile, croissance de l’équipe, déploiement international. Des investisseurs qui, comme les douze peintres de 1928, sont prêts à investir dans une construction dont ils verront les effets se déployer dans la durée.

François Caspar, fondateur-CEO de Copryce